MONFORT
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MONFORT

Après le CFM HOURTIN du 24/08/70 au 15/10/70, me voilà arrivé en gare de Lorient avec mes camarades. Nous avons tous été mis dans le "bain", des notre arrivée dans le hall de la gare.
Là se trouvaient quelques SM instructeurs en tenue de combat, qui nous hurlaient des ordres, devant les civils qui attendaient leur train où des voyageurs.
Je dois dire que nous étions déboussolés, la fatigue du voyage en plus.
On nous a fait mettre en rang, et sortir au pas de cette gare.
Dehors nous attendaient les bus "bleu chausson", et les camions "S F".
Dans ces camions, nous devions y jeter nos sacs et valises marine en vrac.
Ensuite on "embarquait" "déjà" dans les bus qui nous ont conduit à l' arsenal de Lorient que nous avons traversé, et sommes arrivés à l' école des fusiliers marins.
Je peux déjà vous dire que nous étions dans l' ambiance, et que les quatre mois de BE n' allaient pas être de tout repos.(du 16/10/70 au 21/02/71)
Vous voulez savoir la suite ?
Bien dans un prochain numéro, car il y a de quoi à dire.
Comme je l' écrivais, nous sommes arrivés dans le hall de l' école, qui était flambant neuve.
Elle avait été construite quelques années avant notre arrivée.
Les instructeurs nous ont ordonné de nous mettre en rang.
Ensuite après nous avoir mis au garde à vous et au repos plusieurs fois, ils nous ont demandé de vider nos sacs marins et valises.
Malheur à celui qui se trouvait en possession d' illustrés comme on les appelés à l' époque, ou qui détenaient de grenades à plâtre empruntées au CFM HOURTIN.
(J’ en faisais partie) pas pour les grenades, mais pour les bouquins.
Pas de problème, pour tout le monde même punition, cinquante pompes, histoire de nous muscler.
Moi 17 ans et demi, sortant des jupons de ma mère, épais comme un rayon de vélo, je peux vous dire que je les ai faites les 50 pompes, à coup de pieds dans le train.
Ensuite à suivi l' installation dan les "piaules"
Mais cela est une autre histoire.
Donc il a fallu avant d' aller s' installer dans nos chambrées, ranger nos affaires dans les sacs et valises, puisque les instructeurs, nous avaient fait tout vider.
Le problème est que lorsque nous avions fait notre sac au CFM HOURTIN, tout était entré dans ce dernier grâce à notre planche de salut si je puis dire qui mesurait 25X25.
Très utile, mais dans l' état actuel des choses, nous ne pouvions pas nous en servir, car il fallait faire fissa, pour rejoindre en bon ordre je précise, notre chambrée.
Donc notre sac a été fait en vrac.
Les ennuis ont continué à arriver dans nos chambres.
Ah elles étaient chouettes, neuves éclairées avec vue sur les"Cocoyes" comprenez les Commandos Marines (dont nous devrions faire partie après l' obtention de notre BE.).
Là où cela c' est gâté pour notre chambrée et je pense également pour les autres (nous étions quatre par chambre, sympa non ?), eh bien, c' est que nous sommes entrés dans nos chambres, comme nous l' ont ordonné les instructeurs.
Mais voilà, nous n' avions pas utilisé les patins.
Eh Oui messieurs et peut être mesdames qui me lisaient, le gerflex était ciré.
Donc re-belotte, cinquante pompes histoire de continuer à nous mettre en forme.
Dois-je préciser qu' en quelques minutes, à peine arrivés à l' école, nous avions déjà fait 100 pompes.
Après avoir fini ces 50 pompes, les instructeurs très gentils et très humains (on s' en est rendu compte plus tard, nous ont laissé "quartier libre".
Oui on peut dire cela, quelques minutes, car il fallait qu' à leur retour, nous ayons représenté sur notre lit, (j' avais pris celui du dessus), le marin.
Je m' explique, le but était de disposer tous nos effets militaires sur le lit en représentant un marin.
Cela débutait donc du "BACHI", aux chaussures, en passant par les tricots rayés, vareuses, pantalons, slips (de premier maître comme on le disait à l' époque, à cause de leur forme et grandeur), short de sport en nylon bleu, "tennis", ( elles en avaient que le nom ), brosse à chaussures, ainsi qu' à habit, sans oublier la plaque matricule (pochoir), (je me rappelle de mon N0 05/70/13213), ça marque hein ?, la plaque d' identité ovale etc... etc ...
Les quelques minutes de répit passées, nos instructeurs reviennent.
Là après leur passage, on pouvait dire que nous étions bien à l' école des fusiliers marins et que nos instructeurs étaient là pour fabriquer des hommes.
J' arrive pour la suite.
Jean-Paul BANFI
Deux instructeurs arrivent, je ne me souviens plus de leur nom et de leur visage, mais je me souviens très bien de ce qu' il s'est passé.
A leur comportement, nous savions déjà mes camarades et moi même, que quoi qu' il se passe en bien ou en mal, de toutes manières nous étions bons pour 50 pompes de plus.
Nous étions loin du compte.
Jugez plus tôt.
L' un d' eux je parle des instructeurs bien sûr, c' est approché de nos lits, pendant que l' autre inspectait la chambrée, et a vérifié notre "étalage" de linge militaire sur les lits.
Tout le monde y a eu droit.
J' explique comment il a procédé.
De ses petits doigts futés, il prenait au hasard, soit un pantalon ou un tricot rayé, le tirait vers l' extérieur du lit, le faisait tomber au sol, marchait dessus (avec ses ranjos), et nous disait en nous regardant droit dans les yeux, "c' est dégueulasse", vous allez me relaver tout votre sac, vous n' êtes que des" je ne dirais pas le mot, nous sommes sur un site sérieux).
Inutile de vous dire qu' à 17 ans et demi, sortant des jupons de ma mère, je me suis demandais ce que je faisais là.
Bien sûr vous vous en doutez, nous avons eu droit à nos 50 pompes, (on en était au total à 150), bonne performance pour des jeunes de 17 ans et demi, dans un laps de temps réduit, (et certains jeunes d' aujourd'hui qui se plaignent ... ), mais là ou le bât blessait c' est qu' il fallait laver tous nos effets salis par l' instructeur, et les représenter de la même façon sur notre lit et cela avant le souper, qui si je me souviens était pour 19h00.
Il me semble qu' au moment des faits nous devions nous trouver au milieu de l' après- midi et comment faire, pour laver, (nous étions quatre dans la même situation), sécher et repasser ces effets ?
Là c' est installé le système dézut comme on dit, ( nous Français nous sommes champions pour cela, quant il y a péril en la demeure ).
Hé bien, après nous être concertés, nous avons décidé de laver, que ce qui avait été sali par l' instructeur, (quand il a marché sur l' effet), et de remettre le reste des effets en place, sur le lit comme cela doit être, et en croisant les doigts que tout se passe bien lors de la deuxième inspection.
C' est ce que nous avons fait, et lors de l' inspection, il n' y a pas eu de problème particulier, sauf que nous avons eu droit à nos 50 pompes de plus, pour le motif, "vous auriez pu faire bien à la première inspection".
Vous devez vous demander comment nous avons fait pour faire sécher le linge aussi rapidement.
Eh bien c' est simple comme je l' ai écrit plus haut système D, nous avons essoré au maximum l' effet concerné, et ensuite nous avons pris patience en le repassant.
Voilà comment c' est passé notre première journée à l' école des fusiliers Marins de Lorient, dont je dois dire, j' ai été très fier d' appartenir.
Après avoir passé une bonne nuit, je peux le dire, le clairon a sonné à 06h00.
Dans la chambrée on c' est demandé ce qu' il se passait, car nous étions dans le ''cirage'' comme on dit.
Nous ne sommes pas restés dans le cirage longtemps, car les instructeurs étaient déjà sur le pied de guerre, (à l' époque on se demandait s' ils dormaient la nuit).
Histoire de nous mettre en forme avant le petit déj ..., on nous virait du lit.
Ensuite, on allait faire notre toilette, (normal, car on est très propre dans la Royale), tenue de travail (encore la tenue nouveau jean bleu d' Hourtin), pas pour longtemps, car après tenue de combat pour tous.
Pour 07h00, il fallait que nous soyons dans le hall, alignés et devions attendre les ordres des instructeurs qui étaient au nombre de deux ou trois, je ne me souviens plus très bien.
(J' ai des excuses ... vous avez vu le nombre d' années qui nous séparent de ces événements ?), enfin, nos instructeurs, nous donnent l' ordre de nous mettre au garde à vous, (une foi de plus, et il y en aura d' autre), et en ordre serré en marchant au pas (enfin en essayant car malgré Hourtin, c' était pas encore le Top), direction le réfectoire pour le petit déj... et en chantant s' il vous plaît.
Nous chantions si bien que je crois qu' il a du pleuvoir le lendemain, normal nous étions en BRETAGNE.
(Je plaisante).
Après le petit déj, direction l' habillement.
En ressortant de l' habillement, les bras pleins de fringues, godillots, guêtres, (vertes pour l' exercice et blanches pour monter la garde), le casque léger, le lourd aussi, le sac à dos, la gourde, la gamelle (le tout en alu), le ceinturon etc ..., nous nous sommes tous dits que nous étions dans le vif du sujet.
Et c' est peu de le dire.
Vous aller lire la suite, et vous dire : ils sont complètement cinglés à l' école des fus.
Oui peut être, mais nous avons appris ce qu' était la vie, et il faut le reconnaître les instructeurs ont réussi à faire de nous des Hommes avec un grand H, et je les en remercie, malgré avoir une dent contre l' un d' eux en particulier dont je me souviens encore de son nom, et je sais qu' il a fait une belle carrière dans la Marine, il à fini officier, en démarrant de la base, cela prouve que notre école était à la hauteur pour former des personnels compétents et professionnels, même si se SM de 2éme à l' époque était un instructeur très sévère qui ne nous laissé jamais en paix, nous a mené la vie dure.
Je terrai pour l' instant son nom, mais si quelques camarades de l' époque de mon BE me lisent, ils reconnaîtront le SM 2eme dont je parle.
Je m' excuse déjà auprès d' eux car je ne me rappelle plus du nom qui a été donné à notre cours BE du 16/10/70 au21/10/71.
Juste une parenthèse avant de continuer mon récit, qui j' en suis sûr passionne tous les lecteurs de ce forum, j' aimerai que l' on me donne le nom de mon BE, (ma mémoire flanche, pensez, cela date d' il y a 34 ans et des brouettes).
Dernière édition par le 13.11.05 9:58, édité 1 fois
Re: MONFORT
Bon...ben je vais prendre le temps de lire tout çà à tête reposée


Fanch 56- f


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Grade à l'issue carrière ou service : Maître

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Re: MONFORT
Tu verras c' est un peu long, mais très intéressant, c' est du vécu, et malgré les années passées, la mémoire est toujours là.
J' espère que les anciens fus se reconnaîtrons.
Il serait souhaitable d' ailleurs qu' ils participent à ce forum.
Il y a tant de choses à raconter.
Le sujet est inépuisable.
Aller, bon courage pour cette lecture, et dis moi ce que tu en penses afin que je puisse continuer, en respectant bien sûr l' esprit de ce site qui est vraiment sympa.
A plus Fanch.
Jean-Paul
J' espère que les anciens fus se reconnaîtrons.
Il serait souhaitable d' ailleurs qu' ils participent à ce forum.
Il y a tant de choses à raconter.
Le sujet est inépuisable.
Aller, bon courage pour cette lecture, et dis moi ce que tu en penses afin que je puisse continuer, en respectant bien sûr l' esprit de ce site qui est vraiment sympa.
A plus Fanch.
Jean-Paul
Re: MONFORT


Effectivement nous nous trouvions dans le vif du sujet.
Une fois habillés en combattants, je veux dire en tenue de combat ce ci dit au passage des tenues de combat datant de la seconde guerre mondiale, on appelait ces vêtements des battle-dress, jugez vous-même, rien que le pantalon était très large au niveau des jambes, et nous n’ avions pas le droit de les retailler.
Alors que les « cocoyes » avaient déjà la tenue satinée et elle leur allait comme un gant.
Nous avions une de ces touches dans cette tenue, car en plus nous portions des guêtres vertes et des godillots. Désolé nous n’ avions pas encore de ranjos (réservées au cocoyes).
Après ces quelques jours de « vacances », d’ après nos instructeurs, il a fallu entrer dans le vif du sujet.
Nous avons commencé par ce que l’ on appelait à l’ époque des marches.
Tu parles au lieu de marcher on cavalait oui …
La marche consistait à courir.
En général c’ était des marches de huit kilomètres
Nous avions sur le dos notre sac chargé de tout le barda, j’ entends poncho gamelle gourde boite de rations etc ..., sur la tête le casque léger et le casque lourd, généralement mal « brêlé », se qui faisait que lorsque nous courions, il ne tenait pas en place sur notre tête.
L’ exercice était prévu en milieu de semaine.
En effet nous partions en camion (toujours les SF) bâche relevée du mercredi, au jeudi dans la nuit, pour un super coin qui s’ appelait QUISTINIC, sur la route de Lanester à Baud.
Nous étions bien dans cette campagne Bretonne, avec en plus la pluie …
Là on nous apprenait l’ art et la manière de nous déguiser (on faisait FOMEC) avant de combattre, un virtuel ennemi.
Nous devions et cela sous la pluie, creuser un trou pour y passer la nuit.
Je dois préciser que nous fonctionnons en bi nome, que pour construire notre abri au dessus de notre trou, il fallait l’ union de deux ponchos.
Problème, c’ est que pendant que l’ un creusait avec la pelle US, l’ autre essayait comme il le pouvait d’ unir les deux ponchos, et de trouver quelques branches pour faire un faîtage, et pendant ce temps le trou se remplissait d’ eau.
De tous les cas, on s’ en foutait car nous étions tellement crevés, que nous avions qu’ une hâte c’ était d’ allais se coucher, même si le « pieu » de fortune était trempé.
Il faut préciser que les nuits étaient en général très courtes.
Effectivement, tu venais juste de te coucher dans ton trou qui ressemblait de très prêt à une baignoire, même dans ton sac de couchage qui n’ était pas étanche, tu commencer à rejoindre Morphée, qu’ un instructeur t’ avait, « balancer » une grenade à plâtre, pour te faire comprendre que le camp était attaqué, et en même temps se faire un plaisir de sanctionner la sentinelle, qui ne l’ avait pas vue arriver.
Je passe les détails, mais un qui me reste encore en travers est que nous devions comme d’ habitude courir, (on passait notre temps à courir), une des fameuses marches de 8 comme on les appelait, en direction des S F.
Je me souviens, il faisait nuit froide (dehors) car nous on transpirait, et nous voyons les feux rouges (tous petits) des SF assez loin devant nous.
L’ instructeur, (je pense à celui que j’ ai décrit un peu plus haut), nous hurlait de courir plus vite, (je rappelle que nous avions tout le barda plus les armes AA 52, MAS 36, MAT 49 etc ... ), et qu’ une foi que nous touchions la ridelle du S F, la marche était terminée, et qu’ une foi embarqué dans les véhicules, nous aurions trouvé notre salut dans les baraquements de QUISTINIC.
Oui mais voilà, lorsque nous avions touché la ridelle du camion, ce dernier démarrait et « foutait le camp ».
Moralité de l’ histoire, nous continuions notre marche sur QUISTINIC, et forcément on n’ allait pas se coucher de bonne heure.
Surtout qu’ arrivés dans la cour de ce camp, après avoir formé les faisceaux, on nous faisait encore courir autour de la place d’ arme improvisée.
Enfin nous pouvions aller nous coucher dans les baraquements en planche.
Le retour à l’ école des fus se produisait en général dans la nuit du jeudi au vendredi.
En effet nous arrivions à l’ école sur le coup d’ une heure du matin.
Il fallait passer par l’ armurerie pour y déposer nos armes.
Ensuite rassemblement dans le hall de l’ école, petit laïus des instructeurs qui bien sûr, nous arrosaient de mots doux et nous pouvions rompre les rangs pour enfin aller nous coucher.
Eh bien non, car une foi dans nos chambre (nous n’ avions pas oublié de prendre les patins), il fallait nettoyer notre tenue.
Vous pouvez imaginer dans quel état nous étions en entrant d’ exercices.
Surtout que nous n’ avions qu’ une seule tenue de combat, et qu’ il fallait qu’ elle soit « nickel » pour le rassemblement de 07h00.
Donc pendant environ deux heures, nous passions nos tenus sous la douche avec nous d’ ailleurs, nous les faisions sécher sur le radiateur de la salle de bain, pour les uns, ( je rappel que nous étions quatre par chambrée ), et les autres se servaient de le fer à repasser pour les sécher plus vite.
Jusque là cela allait, mais là ou était la difficulté, c’ est qu’il fallait faire briller nos godillots.
N’ oublions pas que nous avions passé deux jours et deux nuit dans la flotte.
Alors pour faire briller les « pompes » ce n’ était pas gagné.
Comme disait l’ un des instructeurs, (en regardant vos chaussures, je veux pouvoir me coiffer dedans).
Alors on passait un bon bout de temps à briquer nos godillots avant de pouvoir aller nous coucher quelques heures avant le branle bas de combats.
Et bien croyez moi, si vous le voulez, à 07h00, nous étions tous en tenue parfaite, et rasés de prêt au garde à vous dans le hall de l’ école, prêts pour l’ inspection.
Ensuite allait commencer une nouvelle journée, faite d’ exercices multiples, de cours en salle etc ...
Toutes les semaines nous avions droit à un voyage pour QUISTINIC, et c’ était toujours ce que j’ ai raconté plus haut.
Inutile de vous dire que vers la fin du BE, alors que nous n’ y allions plus où presque c’ était plus relaxe.
Dans le même style d’ exercice, il y avait la descente où la montée du BLAVET, en zodiac, sans moteur s’ il vous plaît, qu’ à la force des bras.
On s’ en fichait nous étions bons en avirons puisque l’ on s’ était bien entraînés au CFM HOURTIN.
Pour corser la chose, nos instructeurs étant toujours aux petits soins avec nous, nous montions le Blavet quand la marée descendait, et logiquement, nous le descendions quand la marée montait.
Cela était pour la partie maritime.
Pour la partie terrienne, nous n’ avions pas encore fini notre entraînement.
Lisez plus tôt.
Les fusiliers marins étant les troupes délites de la marine, et que nous étions appelés à combattre des blindés, nos instructeurs préférés avaient décidé de nous montrer, et surtout de nous obliger à fréquenter ce genre de véhicule.
A l’ école nous avions un char SHERMAN de la dernière guerre, qui se trouvait si je me souviens bien sur les hauteurs de l’ école.
Il était en parfait état de marche.
D’ ailleurs le moteur avait été remplacé par un moteur d’ hélicoptère d’ après mes souvenirs.
Nous étions là pour apprendre entre autre à faire sauter un char.
Donc, il y avait plusieurs manières.
Je vais vous en expliquer deux.
La première consistait à entrer dans un trou d’ homme, d’ attendre que le char passe au dessus de toi, et tu devais placer une mine anti- char, (bien sûr) sous sa coque, au moment où il passait.
Comme nos instructeurs étaient aux petits soins avec nous, lorsque le char arrivait sur de ton trou, le conducteur bloquait une chenille, et le char se mettait à tourner autour du trou.
Le but de la manœuvre était de t’ enterrer.
Je te rassure il faisait un où deux tour au tour du trou et ensuite il continuait sa route.
Par contre, je peux dire que j’ ai eu la trouille, car malgré tout, pas mal de terre est tombée autour de moi, pour donner une idée, j’ avais de la terre jusqu’ aux genoux quand même.
Ah ! la cerise sur le gâteau, lorsque le char repartait, le conducteur accélérait, et lorsque le char passait au dessus de ta tête, comme l’ échappement était libre, tu avait droit, (vue d’en dessous) à la vision des flemmes qui en sortaient.
Pour la deuxième :
On prend le même char (pourquoi changer une équipe qui gagne), ce dernier est à peut prés à une cinquantaine de mètres de toi.
Toi tu es dans un fossé.
Là tu attends que ce monstre d’ acier arrive.
Lorsqu’ il est à la portée de tes mains, (et c’ est peu de le dire), tu sorts de ton fossé, tu fais un roulé boulé et tu t’ arrange à ne pas rouler trop fort, car si non tu te retrouve sous l’ autre chenille et là pas bien …
Comme c’ est ton bon jour que tout c’ est bien placé, (surtout toi), tu mets la mine qui est aimantée sous la coque du char, ensuite tu attends qu’ il soit passé, (c’ est plus prudent), et tu fais un roulé boulé vers le fossé d’ en face.
Ah j’ oubliais, lorsque le char continue sa route et que tu es bien confortablement
installé dessous, (pas pour faire la sieste), tu reprends quelques flammes du moteur sur le museau histoire de die ...
Voilà comment essayer de détruire un char.
Moi à l’ époque je n’ avais pas tout compris.
J’ étais entré dans la marine pour naviguer.
J’ étais loin du compte.
Heureusement je me suis rattrapé depuis.
Nous avons eu quelques exercices qui s’ appelaient « closs combat ».
Pour les initiés, l’ exercice se passait au fond de l’ école, il y avaient un grand hangar en béton avec la toiture arrondie, prés de l’ auto école si je me souviens bien.
Là nous avions un SM de 1ere, dont je tairais le nom.
Si je me souviens, (encore une foi) avait fait l’ Algérie, devait nous former sur la manière de maîtriser un adversaire.
Moi je me souviens que d’ une chose.
J’ ai servis de « cobaye » et n’ ayant pu maîtriser le coup que ce SM m’ envoyait, j’ ai pris un coup de barre à mine sur le crâne.
Je vous rassure je n’ ai pas été blessé, mais j’ ai vu 36 étoiles.
Cela faisait partie de l’ entraînement.
Il fallait que soyons au TOP NIVEAU comme disent les jeunes d’ aujourd’hui.
Un exemple : lorsque nous revenions de notre marche de 8, on nous mettait en rang sur les hauteurs de l’ école, nous n’ en pouvions plus, et nos charmants instructeurs dont un, (toujours le même) nous demandaient si nous avions soif.
C’ est comme si on demandait à un âne s’ il voulait de l’ avoine.
Tu parles on venait de se payer huit bornes, on était en nage, devines si on avait soif.
Après l’ inspection réglementaire le S M sus décrit plus haut entre autre, prenait un malin plaisir à vérifier si la gourde était pleine où vide.
Si elle était pleine, il nous la vidait devant nous.
Si elle était vide, nous avions droit à un série de pompes, mais en général elle était pleine, donc de toutes façons la règle était simple, il fallait faire des pompes.
Ne pas oublier que nous étions équipés comme si nous partions à la « guerre »
À savoir : Tenue de combat, sac à dos charger à bloc, armement, casque léger et lourd.
Pour faire les pompes il fallait dans un premier temps, mettre le canon du MAS36 sur notre main gauche qui se trouvait au sol, et la crosse au sol notre main droite dessus.
Pendant que nous nous exécutions, l’ instructeur mettait un pied sur notre sac à dos, lorsque nous étions les bras fléchis et appuyait fortement sur notre sac, lorsque nous remontions.
Il fallait en même temps, crier « Le chef est un bon, moi je suis un con », où dans le même registre « c’ est la vie de château, pourvu que ça dur ».
Inutile de vous dire que nous avions très envie de rentrer dans le lard des instructeurs.
Mais voilà, il valait mieux éviter.
A la fin du BE, nous avions compris pour quelles raisons, ils agissaient ainsi.
C’ était tout simplement pour voir ceux qui étaient capables de résister, et de ce fait cela nous formait le caractère.
Voilà en gros, ce que fut notre formation à l’ école des fus pendant quatre mois.
Nous attendions tous, la fin du BE et surtout la cérémonie de la remise des fourragères.
Cette dernière c’ est passée le 15 février 1971.
Nous étions tous en tenue de sortie, et déjà fier d’ arborer notre première « sardine » et notre écusson, (deux fusils croisés) sur notre manche droite de notre vareuse.
Mais le moment le plus émouvant de cette cérémonie fut la remise de la fourragère du 1er régiment de Fusiliers Marins dont nous étions fiers de faire maintenant partie.
Elle nous a été remise par le capitaine de frégate FUZEAU qui était à l’ époque le commandant de l’ école.
Nous connaissions, nos affectations.
Beaucoup de mes compagnons d’ infortune avaient choisi les commandos marine. Ils n’ avaient pas loin à aller, juste la barrière de l’ aubette de l’ école à passer, et ils étaient rendus au GROUFUMACO.
Quand à moi, j’ étais entré dans la marine pour naviguer, et j’ ai obtenu une affectation, sur le B.D.C. ARGENS à Toulon, mais cela est une autre histoire.
Avant de regagner nos affectations, nous avons eu la peur de notre vie.
En effet, on nous a ordonné de nous rendre à l’ armurerie, où étant, l’ armurier nous a équipé.
Ensuite avec armes et bagages, nous nous sommes rendus sur le quai du port militaire de Lorient.
Là, après avoir formé les faisceaux, on nous a avisé que nous étions là a attendre avant d’ embarquer pour le TCHAD.
Et oui le conflit du TCHAD venait de commencer.
Je puis vous dire que lorsque nous avons appris cette nouvelle, nous n’ étions pas fiers.
Mais après quelques heures d’ attente dans l’ angoisse, on nous a ordonné de rejoindre nos affectations, car c’ était les commandos marine qui partaient.
Je pense que la hiérarchie avait décidé, que nous n’ étions pas encore assez professionnels pour aller nous battre au Tchad.
Donc après cette bonne nouvelle (pour nous), j’ ai rejoints le BDC Argens, par le train, après un long voyage, car Lorient Toulon, à l’ époque, c’ était périlleux.
Voilà, après cette histoire, peut être que quelques anciens de mon BE se reconnaîtront et qu’ ils pourront confirmer ce que j’ ai narré et édifier, ces écritures en rajoutant quelques anecdotes que j’ ai sûrement oublié, et donner leurs sentiments sur cette période.
Un ancien de l’ École des Fusiliers Marins de Lorient (QM1 de réserve).
Souvenir du BE FUS suite
Juste une chose que j' ai oublié, pour les nostalgiques de Lorient.
Nous aimions mes camarades et moi, lorsque nous avions le droit de sortir en ville à Lorient, nous rendre au cinéma qui s' appelait il me semble le REX, il se trouvait sur une place dont j' ai oublié le nom, prés du Monoprix, le quai des Indes n' était pas loin.
Port de plaisance aujourd' hui je crois.
En face du port de plaisance, il y avait une boite dont j' ai oublié le nom, de toutes façons je n' y allais pas, mais je me souviens que c' était le rendez-vous, des "cocoyes", et des soumariniers.
Et oui à l' époque Lorient était encore une base soumarine.
Inutile de vous dire que lorsque les cocoyes et les sous mariniers se retrouvaient, il y avait de l' ambiance, et ce, toujours à cause d' une fille ...
Nous allions également aux foyers du Marin.
Il y en avait deux, celui de la Marine, Cours de Chazelle, et l' autre de l' aumônier je ne me souviens plus du nom de la rue, mais j' ai encore le décor en tête.
Moi je préférais ce dernier, car il était plus convivial et on y manger super bien pour pas chére.
Nous allions aussi dans une boite, elle s' appelait le PHARE, prés de la porte principale de l' arsenal.
Là régnait une atmosphère douce ...
Et puis on allait aussi au port de péche.
Là c' était une autre histoire.
Il y aura peut être un ancien qui pourra confirmer ce que je viens d' écrire.
Nous aimions mes camarades et moi, lorsque nous avions le droit de sortir en ville à Lorient, nous rendre au cinéma qui s' appelait il me semble le REX, il se trouvait sur une place dont j' ai oublié le nom, prés du Monoprix, le quai des Indes n' était pas loin.
Port de plaisance aujourd' hui je crois.
En face du port de plaisance, il y avait une boite dont j' ai oublié le nom, de toutes façons je n' y allais pas, mais je me souviens que c' était le rendez-vous, des "cocoyes", et des soumariniers.
Et oui à l' époque Lorient était encore une base soumarine.
Inutile de vous dire que lorsque les cocoyes et les sous mariniers se retrouvaient, il y avait de l' ambiance, et ce, toujours à cause d' une fille ...
Nous allions également aux foyers du Marin.
Il y en avait deux, celui de la Marine, Cours de Chazelle, et l' autre de l' aumônier je ne me souviens plus du nom de la rue, mais j' ai encore le décor en tête.
Moi je préférais ce dernier, car il était plus convivial et on y manger super bien pour pas chére.
Nous allions aussi dans une boite, elle s' appelait le PHARE, prés de la porte principale de l' arsenal.
Là régnait une atmosphère douce ...
Et puis on allait aussi au port de péche.
Là c' était une autre histoire.
Il y aura peut être un ancien qui pourra confirmer ce que je viens d' écrire.
Re: MONFORT
Le Phare se trouvait près de "La Banane" un batiment en arc de cercle.
Le cinéma s' appelait LE ROYAL, il n' existe plus depuis un an, et a la place il y a une FNAC.
Un autre rendez-vous des cocoys et des sous mariniers était le bar de Madame Nivez sous les arcades à côté de chez "Nédo", la dernière boite avec orchestre qui ai existé à Lorient intra-muros.
Le cinéma s' appelait LE ROYAL, il n' existe plus depuis un an, et a la place il y a une FNAC.
Un autre rendez-vous des cocoys et des sous mariniers était le bar de Madame Nivez sous les arcades à côté de chez "Nédo", la dernière boite avec orchestre qui ai existé à Lorient intra-muros.

Fanch 56- f


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Inscrit le : 23 Aoû 2005
Age : 59
Département : Morbihan - 56
Matricule : 0566 10989
AFFECTATIONS : 1966 École des Timoniers - 1967 B.B. MORVAN - 1968 BDC DIVES - 1969 B.S.L RHONE - 1970 Ecole des Guetteurs Sémaphoriques - 1971 : Vigie du Homet Cherbourg (50) 1972 - 1973 : Sémaphore de Fécamp.(76) 1973 - 1975 : Vigie Port-Louis (56) 1975 - 1977 : Sémaphore du Talut - Belle Ile en Mer (56) 1977 - 1980 : Sémaphore de Beg Melen (Groix) (56) 1980 - 1983 : Sémaphore de Saint Julien - Quiberon (56) 1983 - 1984 : Vigie Port-Louis (56) 1984 - 1989 : CROSSA ETEL - Chef de quart opérations de sauvetage et adjoint au chef de service surveillance des pêches. Puis Chef du secrétariat OPS et adjoint du chef de service OPS. 1989 - 1990 : Sémaphore de Chemoulin - St Nazaire.(44) Avril 1990 : retour à la vie civile.
Grade à l'issue carrière ou service : Maître

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Re: MONFORT
Merci Fanch de me rafraîchir la mémoire.
Effectivement je me suis trompé sur le nom du ciné.
En ce qui concerne la "boite", c'est bien ça, le "NEDO" ça me reviens ainsi que le bar de Madame NIVEZ.
Mais j' ai des excuses, je n'allais pas dans ces deux lieux et il y a tant d' années.
J' allais plus souvent au PHARE.
Existe-t-il toujours ?
C' était quand même une belle époque.
Effectivement je me suis trompé sur le nom du ciné.
En ce qui concerne la "boite", c'est bien ça, le "NEDO" ça me reviens ainsi que le bar de Madame NIVEZ.
Mais j' ai des excuses, je n'allais pas dans ces deux lieux et il y a tant d' années.
J' allais plus souvent au PHARE.
Existe-t-il toujours ?
C' était quand même une belle époque.
Que des souvenirs.
Tout ce que je viens de lire au sujet du phare du royal, des sous-mariniers et des cocoyes ... est la pure vérité.
Bravo, je revis.
Bravo, je revis.
26 SEP 1966/30 JUIN 1995... STOP : Y' A ASSEZ.
lorient....cours RUBY.
A le NEDO.
Nous y avons fait un immense pot de fin de cours.
Oui,je me souviens bien, s' etait terminé en pugilat.
Une de plus.
Nous y avons fait un immense pot de fin de cours.
Oui,je me souviens bien, s' etait terminé en pugilat.
Une de plus.
26 SEP 1966/30 JUIN 1995... STOP : Y' A ASSEZ.
Re: MONFORT
Eh bien, si j' ai pu te faire revivre de bon souvenirs à la surface malgré que je sois un peu plus jeune que toi, cela m' aura fait très plaisir.
Dans l' attente d'autres récits je te souhaite un joyeux NOËL.
Amicalement Jean-Paul
Dans l' attente d'autres récits je te souhaite un joyeux NOËL.
Amicalement Jean-Paul
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